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Art Paris Art Fair
29 Mars-01 Avril 2012
Paysages mentaux
La galerie Polka confronte trois approches du paysage en photographie. Avec une conception inspirée de la représentation traditionnelle du paysage asiatique, les oeuvres exposées ne montrent pas un paysage spécifique mais constituent une métaphore du voyage de l’Homme. Inspiré par la pensée chinoise, l’artiste russe Alexander Gronsky a réalisé avec la série « Mountains & Waters » (2011) de larges diptyques aux lisières urbaines de la Chine industrielle. A une esthétique proche de l’école de Düsseldorf, Alexander Gronsky marie une conception orientale du paysage, moins descriptive que mentale. Le diptyque permet d’élargir le champ de vision et de rester fidèle à la dualité de la pensée chinoise: l’association des idéogrammes « montagne » (山) et « eau » (水) forment en chinois le mot « paysage » (山水). Grand connaisseur de la Chine, Marc Riboud a immortalisé les montagnes de Huang Shan, berceau séculaire de la poésie et de la peinture chinoise. Célestes et monumentales, ces «montagnes jaunes» plongent le pélerin dans la méditation et célèbrent l’union de l’art à la nature. Derek Hudson offre une autre vision du paysage avec une photographie mélancolique de la campagne roumaine, ou une vue depuis la chambre qu’occupait Henri Matisse à Tanger où, de 1911 à 1913, il réalisait ses célèbres “vues sur la Baie de Tanger”. La galerie Polka présentera également les travaux d’Ahmet Ertug, William Klein, Ethan Levitas. Architecte de formation, Ahmet Ertug photographie les monuments qui ont une histoire. «Sérénité et force de l’image » sont les maîtres mots de son esthétique. Réalisées à la chambre, les photographies monumentales d’Ahmet Ertug jouent des ombres, des lumières, et dévoilent l’âme de ces lieux chargés de sens. «Roland Barthes, dans «La Chambre claire» parle de quelques unes de mes photo- graphies. L’une d’elles le pousse à écrire: « Lorsque William Klein photographie «Le Premier Mai 1959» à Moscou, il m’apprend comment s’habillent les Russes (ce qu’après tout je ne sais pas) : je note la grosse casquette d’un garçon, la cravate d’un autre, le foulard de tête de la vieille, la coupe de cheveux d’un adolescent,etc. Une photographie peut produire, en un flash, la substance d’une donnée ethnologique.» [...] En 1954, je rentrais à New York après six années à Paris. J’avais deux projets: l’un était de raconter mon retour à la maison, l’autre était de transférer mes photographies abstraites sur un mur de verre via une plaque photosensible Corning Glass. Alexander Liberman, directeur artistique de Vogue, avait vu mon travail à Paris et m’a offert un contrat pour des ‘petits boulots’ dans le magazine, en échange de quoi il financait mes photographies de New York pour un portfolio. Je me suis dit: pourquoi pas? C’est toujours mieux qu’une bourse ou que de harceler les galeries.» William Klein, extrait de «William Klein: In and out of Fashion», ed. Random House, 1994. William Klein (New York, 1928), photographe, réalisateur, peintre de génie, révolution- nera la photographie de mode à jamais. En 2011, Ethan Levitas a photographié les passants de Ground Zero et réalisé un essai photographique qui rappelle la présence de ceux qui furent en ces lieux encore dix ans auparavant. Une étude du présent qui se projette dans le passé et vice versa, une étude du temps qui se dilate et se concentre. Communiqué de presse Mental Landscapes Polka Galerie confronts three approaches of the landscape in photography. Conceived with the traditional representation of the Chinese landscape in mind, the works exhibited go beyond the specific landscape to constitute a metaphor of the journey of Men. Inspired by the Chinese culture, the Russian artist Alexander Gronsky produced a series of large-scale diptychs on the edges of the cities entitled “Mountains & Waters”. Alexander Gronsky marries an aesthetic close to the Düsseldorf School to the Chinese conception of the landscape, more intellectual than descriptive. The use of diptychs enlarges the field of vision and stays faithful to the duality of the Chinese beliefs where the association of the ideograms “Mountain” and “Water” forms the word “landscape”. A connoisseur of China, Marc Riboud immortalized the Huang Shan mountains, cradles of Chinese poetry and painting. Celestial and monumental, these “yellow mountains” throw the pilgrim in a state of meditation and celebrate the union of art and nature. In his photograph of the Romanian countryside and of the room occupied by Henri Matisse in Tangier while he was working on his famous « Bay views on Tangier » between 1911 to 1913, Derek Hudson offers a vision of the landscape tinged with melancholia. Polka Galerie also presents works by Ahmet Ertug, William Klein and Ethan Levitas. Architect by training, Ahmet Ertug takes pictures of monuments which are steeped in history. “Serenity and power of the picture” are the key words of his aestheticism. Made with a view camera, Ertug’s monumental photographs play on shadows and lights. They unveil the soul of these places full of meaning. « Roland Barthes, in his book Camera Lucida, writes about a couple of my photographs. One of them prompts him to say: ‘When Klein photographs the 1st of May in Moscow, I learn how Russians dress in 1961, something, after all, that I didn’t know. I note a boy’s big cap, a man’s tie, an old woman’s kerchief, another man’s haircut, etc... a photographs can produce, in a flash, the substance of ethnological data.’ [...] In 1954, I’d come back to New York after six years in Paris. I had two projects: one, a photographic diary of my return home. The other, to transfer my abstract photos via the Corning Glass photo-sensitive process into glass murals. Alexander Liberman, the art director of Vogue, had seen my work in Paris and offered a contract for ‘odd jobs ‘ in the magazine and to finance the New York photographs for a portfolio. Why not? Better than grant or gallery hustling. » William Klein in «William Klein: In and out of Fashion», Random House ed., 1994. William Klein (b.1928, New York), photographer, filmmaker, genius painter, revolutionized the fashion photography forever. In 2011, Ethan Levitas took pictures of those who pass by Ground Zero. His photographic essay is an homage to those who were there ten years ago and no longer are as well as a study of the present and the past, of the folding and unfolding of time. Press release ill. : Alexander GRONSKY Untitled 10, China, 2011 (série "Mountains and waters") {foire} Grand Palais, Paris |