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Du 9 septembre au 28 octobre

Richard Dumas

Amateur

Joe Strummer eyes wide shut, 1991 © Richard Dumas, courtesy Polka Galerie.

La galerie Polka est heureuse de présenter l’exposition 

« Amateur » du photographe Richard Dumas. Né en 1961 à Paris, il collabore depuis 1990 avec les quotidiens Liberation et Le Monde, signant les visages en noir et blanc de personnalités du monde du spectacle et de la musique et du cinéma. Mais avant d’être portraitiste, Dumas est photographe. Sa profession ? Amateur, au sens de celui qui aime. Qui éclaire et qui dévoile. 

Le dandy mystérieux aux lunettes noires, ancien doctorant en robotique reconverti, expose le temps d’un accrochage ses premiers travaux. Dumas avant Dumas. Dumas qui déjà se démarque et s’affirme, avec ce sens si particulier des cadrages, des contrastes, des regards et de l’intemporel. 

De la fin des années 70 au début des années 90, le photographe, nourri par la littérature, la musique, le cinéma, forge sa vision au gré des rencontres. Il y a celles de la vie quotidienne – les amis, les proches, le chat du voisin, les poissons de l’aquarium. Il y a aussi celles, plus extraordinaires mais toujours intimes, avec celles et ceux qu’il admire : un cénacle de dieux vivants, rencontrés backstage au rythme des concerts savourés. Une famille. Parmi eux, Willy DeVille, Nico, Miles Davis, Chet Baker, Etienne Daho dont il fut le premier guitariste, et le grand Léonard Cohen. « Amateur » raconte aussi les influences et le tempo de l’artiste mélomane. Son panthéon intime où se croisent des photographes – Arbus, Penn – et des cinéastes – Hitchcock, Antonioni, Kubrick mais aussi Lynch et Monteiro. 

« Voir la lumière objectivement et non pas telle qu’on l’imagine est ce qu’il y a de plus dif cile. Sans cette objectivité, on ne peut pas, ensuite, être subjectif. » 

Christian Caujolle a été l’un des premiers à défendre son travail, auprès de Libération puis au sein de l’agence VU. Il analyse : « Son approche est tout simplement affective, intuitive. Il ne s’agit pas tant de faire un portrait que de conserver trace d’une rencontre. La première étape est alors de rendre possible cette rencontre, de faire qu’elle soit riche. » 

L’exposition est composée d’une sélection de rares épreuves argentiques réalisées par Antoine Agoudjian sous son contrôle pour les grands formats ou par l’artiste lui- même, fidèle des chambres noires et du découpage manuel de papiers aujourd’hui épuisés et religieusement conservés. « Je suis finalement avant tout un tireur. La seule chose qui m’intéresse, c’est de composer, de produire des négatifs et de les donner au tireur que je suis ! »