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Du 9 septembre au 5 octobre

Langdon Clay

Cars

Marlin Room car, Cutlass Supreme in front of Marlin Room and Loundge connected to Clam Broth House, Hoboken, NJ, 1975 © Langdon Clay, courtesy Polka Galerie. 

En marge de l’exposition collective Autophoto, organisée par la fondation Cartier à Paris, la galerie Polka est heureuse de présenter, pour la première fois en France, la série 

« Cars » de Langdon Clay. Armé de son trépied et de son Leica, le photographe américain a saisi entre 1974 et 1976, les voitures des rues de New York et des alentours d’Hoboken, dans le New Jersey. « C’était il y a longtemps... La vie ne coûtait rien. On pouvait avoir un petit appart à Manhattan pour 400 dollars ! Et les caisses américaines n’étaient alors comparables à aucune autre. Elles étaient fascinantes, on aurait dit d’énormes bateaux. » 

Né en 1949, « au beau milieu d’un ouragan », Langdon Clay arpente à 25 ans les rues de la ville monde, guidé par ses lumières et ses labyrinthes nocturnes. Dans l’obscurité, son oeil s’active. Les reflets des lampadaires, les néons, les devantures de magasins, les grands coups de phares dans la nuit. « La nuit a ses propres couleurs », assène celui qui très tôt, fuit 

« la street photography à la mode » et l’académisme du noir et blanc. Dans la pénombre, il découvre derrières les passants évaporés par les poses longues, la figure envoutante de l’auto – cet obscur objet du désir et du futur – icône parmi les icônes de la culture américaine au temps béni du moteur à essence. 

A l’époque, la voiture était encore un Eldorado, le testament de tous les possibles. Les parkings étaient gratuits, les pompes débordaient, le jus coutait peu, la fumée ne dérangeait personne. « Elles étaient toutes là, immobiles, sagement parquées. Elles me regardaient, couchées au pied des immeubles. Mises côte à côte, c’est comme si elles pouvaient créer une sorte de carte géographique et imaginaire de cette ville que j’ai tant aimée. » En suivant systématiquement le même procédé, Langdon Clay photographie toujours de profil les voitures qu’il croise au gré de ses pérégrinations urbaines. On croise ici une Datsun 610, là une Cadillac Coupe DeVille, plus loin une somptueuse Ford Gran Torino. Un peu plus loin, une Buick Electra et une Chevrolet Impala. « A l’époque, les designers étaient fous, de vrais artistes. Ils faisaient tout ce qu’ils voulaient et surtout, ils dessinaient à la main. » 

Nourri par les pérégrinations nocturnes de Brassaï, les visions d’Eugène Atget et de Walker Evans – autres amateurs du genre – et la couleur de William Eggleston – le cousin de sa femme, également photographe –, Langdon Clay a glané des centaines d’images de ses « babies » en Kodachrome. 

Après avoir été exposées aux Rencontres d’Arles et au Victoria & Albert Museum de Londres en 1978, elles ont longtemps dormi dans les archives de l’artiste, aujourd’hui retiré dans le Mississippi avant d’être exhumées par l’éditeur Gehrard Steidl. Le livre « Cars – New York City, 1974-1976 » a été publié en octobre 2016. Les voitures de Langdon Clay exposées à la galerie Polka ont également les honneurs de la grande exposition consacrée à l’automobile dans l’histoire de la photographie organisée par la Fondation Cartier, à Paris jusqu’en octobre prochain.