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1 juillet - 22 septembre 2013
ARLES

Daido Moriyama

LABYRINTH + MONOCHROME

Produite par la galerie Polka (Paris) en collaboration avec la Daido Moriyama Photo Foundation (Tokyo), LABYRINTH + MONOCHROME est une installation conçue spécialement par Daido Moriyama pour le Magasin électrique d'Arles, à l’invitation de l’association du Méjan. Récemment, la Tate Modern (Londres), le LACMA (Los Angeles) et le National Museum of Art (Osaka) ont présenté des rétrospectives d'envergure de son œuvre débutée au milieu des années 1960. En ce lieu, Daido Moriyama, né au Japon en 1938, réunit trois de ses dernières créations – Labyrinth, Monochrome et Mesh - pour résumer d’un trait cinq décennies de réflexion sur la photographie.

En 2012, Daido Moriyama a revisité quelque 10 000 de ses propres images pour créer Labyrinth. Loin de l’idée de reveler des planches contact, des coulisses souvent fantasmées par le public, l'artiste associe sur une même feuille des négatifs d'époques différentes. Dans ce dédale d’images, les lieux et les années se chevauchent sans cesse. Le monde du théâtre populaire japonais (Japan A Photo Theater Album, 1968) se mêle aux images d'un enfant effrayant (1973), des collants résille (1986) s’allient à une paire de talons haut, une chambre d'hôtel à New York et un écran de télévision (1971) véhiculent le sentiment d’un artiste tourmenté. Daido Moriyama affirme ici que ce qui lie ces photographies est moins l’endroit ou la date que les sujets, les jeux graphiques, les associations de sens.

Cette déferlante d’images est le principe de création de la série Monochrome. Ces photographies, réalisées à Tokyo entre 2008 et 2012, ne dressent pas le portrait de la mégalopole et de ses habitants. C’est un flux d’images qui révèle l’état d’esprit de Daido Moriyama, photographe de rue constamment aux aguets, en action chez lui dans sa propre ville. Daido Moriyama, qui photographie souvent "à l’aveugle", adopte ici l’attitude d’un rôdeur à l’affût des gueules, des formes, des scènes étranges, tel un chien errant ou un chasseur – deux figures auxquelles il se rattache souvent.

Labyrinth et Monochrome sont soutenus par Mesh (résille), mosaïque murale créée en 2012 qui rappelle que Daido Moriyama, dès les années 1970, s’est attaché à redéfinir le format de l’exposition en cherchant à activer ses œuvres par leur contact avec le public. Auteur de près de deux cents livres, Daido Moriyama a toujours eu pour préoccupation d’adapter l’apparition de ses images selon leurs dimensions ou leurs supports – livres, tirages, sérigraphies et, ici, papier peint. Pour Mesh, l’artiste revisite un travail réalisé en 1986: une série de photographies de collants qu’il publiait dans Lettre à St. Lou, Saint-Loup-de-Varennes étant le village français où Nicéphore Niépce inventa la photographie au début du XIXème siècle. Sous-titré "How to create a beautiful picture", cet ensemble d’images cinétiques constituait la section graphique de cet envoi fictif au père de la photographie.

LABYRINTH + MONOCHROME est une profession de foi. Daido Moriyama manifeste que la photographie est une pratique : un langage qui puise son énergie dans la profusion d’images et qui n’existe que pour être partagé avec le public.