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10 septembre - 29 octobre 2016
POLKA GALERIE

Françoise Huguier

Virtual Seoul

Tea party chez Marie-Antoinette, Laboum, Séoul, Corée, 2014 © Françoise Huguier, Courtesy Polka Galerie

La galerie Polka présente “Virtual Seoul”, la nouvelle série de la photographe Françoise Huguier, lauréate du prix Albert Kahn 2016.

« Virtual Seoul » illustre la Corée d’aujourd’hui dans toute sa singularité et sa diversité. Construite comme une balade ultra colorée dans une capitale virtuelle postmoderne où se rencontrent toutes les générations, l’exposition explore les multiples facettes d’une ville nouvelle aux influences et symptômes avant-gardistes.

En 1982, à la suite d’une grande traversée de l’Asie du Sud-Est, Françoise Huguier découvre la Corée et plus particulièrement Séoul. A l’époque, le pays se relève de la guerre et démarre discrètement sa grande mutation. Trente-deux ans plus tard, en 2014, la photographe française revient sur ces terres. Fascinée par la mondialisation et l’omniprésence de la technologie, elle choisit de rester sur place plusieurs mois et de se concentrer sur cette nouvelle ville ultramoderne pendant plus d’un an. Elle livre le portrait intergénérationnel d’une société tiraillée entre traditions et course au développement.

La photographe fait rapidement connaissance avec le mouvement populaire K-pop (abréviation de « Korean pop », un genre musical en vogue) qui s’immisce dans tous les écouteurs du pays et influence les nouveaux codes vestimentaires. Elle rencontre alors un de ces girls bands « Laboum », symbole ultime de la réussite, qui, comble du cynisme est sponsorisé par une clinique de chirurgie esthétique. Les membres du groupe, âgées de 14 à 18 ans, ont toutes le même visage. L’artificiel « V face », fruit de nombreuses opérations, considéré comme le visage idéal dépourvu des rondeurs originelles, très en vogue chez les jeunes adolescents coréens. « Dans certaines rues fréquentées par la jeunesse, j’avais le sentiment de croiser toujours la même personne. L’étrange impression de marcher au milieu de mutants », observe la photographe.

Tout en capturant les modes de vies des jeunes Coréens, Françoise Huguier retrouve les pionniers de la reconstruction du pays durant l’après-guerre, « cette génération sacrifiée au nom du miracle économique ». S’ils ne sont pas pris en charge par leurs enfants, ils échouent dans les bidonvilles. La photographe pousse la porte des habitations, s’intéresse aux retraités aux costumes pailletés et bien taillés qui passent leurs journées à danser avec leur « lover » dans les colathèques.

Le travail photographique de Françoise Huguier met en exergue les différents maux de la société coréenne moderne. La peur constante du déclassement face à une industrialisation florissante qui lui vaut d’être, aujourd’hui, la 13e puissance économique mondiale, l’angoisse et le mal-être profond des plus jeunes. En fouillant les tréfonds de l’âme coréenne, la photographe française documente les évolutions de ce peuple encore imprégné des valeurs du confucianisme. En 2017, elle compte poursuivre son travail en Corée du Nord.