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Du 24 mars au 26 mai 2018

William Klein

William + Klein

Polka présente « William + Klein », une monumentale fresque photographique composée de 90 tirages relatant les chapitres décisifs de l’oeuvre de Klein. De ses abstractions de lumière (1948 – 1952) à ses photos de mode (1958-2000) en passant par ses films, ses pérégrinations à New York (1954-55), Rome (1956), Moscou (1959), Tokyo (1961) mais aussi Paris, sa ville d’adoption, l’accrochage traverse 70 ans de carrière. En hommage au plus français des photographes américains. L’exposition, rétrospective, est organisée à l’occasion des 90 ans du photographe, le 19 avril prochain. 

Abstract (1948 – 1952). Avant d’influencer radicalement la street photography et la photo de mode, Klein étudie la peinture abstraite à Paris avec Fernand Léger. Avec le Rolleiflex qu’il a gagné à l’armée lors d’une partie de poker, la photo devient son nouveau terrain d’expérimentation. Dans l’obscurité, il joue avec la lumière, les formes et met peu à peu en place les clés d’un langage photographique qui le suivra toute sa vie. Ses premières abstractions sont exposées à Milan en 1951, à Paris en 1954, et tout dernièrement au Centre Pompidou dans le cadre de l’exposition « Photographisme ». 

New York (1954 - 1955). Sous l’impulsion d’Alexander Liberman, directeur de Vogue, William Klein retourne dans sa ville natale. « J’étais en transe. Ce que je pouvais faire avec un appareil me mettait dans un état second. Ma devise, Anything goes. C’est ce qui m’a toujours plu. Pas de règles, pas d’interdits, pas de limites. » L’artiste casse les codes traditionnels du médium, bousculant les cadrages et les angles, jouant sur le rythme, la succession des images, le flou et le grain de la pellicule. Et révolutionne l’acte de photographier. Refusé par les américains, son livre « Life Is Good & Good for you in New York » est publié grâce à Chris Marker, à l’époque directeur de collection au Seuil. Le livre, récompensé par le prix Nadar en 1957, est aujourd’hui considéré comme fondateur dans l’histoire de la photographie du XXe siècle. 

De Rome à Tokyo, en passant par Moscou et Paris (1956 – 2002). New York clôt le premier chapitre de l’oeuvre de Klein. Le second s’ouvre par l’exploration de quatre métropoles : Rome, Moscou, Tokyo et Paris. Elles sont les grands personnages de ses carnets de voyage, d’un Grand Tour qui a duré 40 ans. Dans les pas du cinéaste Fellini, qui lui propose un poste d’assistant, il découvre Rome, ses ruelles et ses écrivains. Au café Rosati de la Piazza del Popolo, il retrouve ses guides : Pier Paolo Pasolini, Ennio Flaiano, Alberto Moravia, Giangiacomo Feltrinelli. L’étape suivante est moscovite. Klein l’américain s’aventure en pleine Guerre Froide, en terrain ennemi… Et pourtant : « J’ai été très surpris, déstabilisé. Je déteste New York, j’adore Moscou. C’est la ville qui m’a le plus touché, le plus ému. » Deux ans plus tard, en 1961, il pousse plus loin vers l’Est : les autorités japonaises l’invitent officiellement pour photographier la mégalopole. Là bas, tout le monde connait déjà son travail sur New York et Rome. Sa vision de la photo inspire les plus grands : Nobuyoshi Araki, Daïdo Moriyama, Eikoh Hosoe. 

Fashion. En 1958, William Klein signe un contrat avec Vogue. Ses collègues s’appellent Irving Penn et Richard Avedon. A l’époque, c’est là, dans les magazines de mode, que la photographie s’épanouit. Loin des chapelles, des carcans, des conservatismes et grâce à des directeurs artistiques visionnaires. Klein en profite, en sortant les mannequins des studios et en les abandonnant aux rues grouillantes et lumineuses : Elles posent, la vie continue et lui observe, de loin, au téléobjectif. En 1994, il publie son livre « In & Out Fashion », à l’occasion d’une exposition à l’ICP de New York. 

Portrait + Friends. Pour Vogue et Harper’s bazaar, William Klein photographie les célébrités. De Brigitte Bardot à Audrey Hepburn en passant Jeanne Moreau, Jean-Luc Godard et Serge Gainsbourg. Plusieurs tirages présentés dans l’exposition sont des inédits. 

« Typo» + Films. Parfois le photographe cède la place à l’artiste conceptuel : Klein le photographe s’approprie la rue et détourne ses artefacts (pans de murs, panneaux publicitaires à l’abandon, néons) composant à sa manière des « ready-made » photographiques. A l’autre bout de ce travail aux limites du médium, l’exposition revient également sur son univers cinématographique, en présentant quelques reproductions d’affiches spécialement imaginées pour ses films. 

Contacts + Klein (1990-2014). Ces pièces uniques mêlant photographie, cinéma, graphisme et peinture incarnent par excellence le rapport complexe que William Klein entretient au médium. En sélectionnant sous l’agrandisseur non pas une mais trois vues d’un négatif, il recrée sa propre séquence, son propre “film”, et enferme celle qu’il estime être la meilleure dans le creux d’épaisses lignes de peinture. L’artiste reproduit le geste archétypique du photographe face à sa planche-contact et insiste sur l’importance de ses choix. Plusieurs contacts-peints ponctuent cette rétrospective anniversaire. 

 

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