Du 23 au 26 avril 2026
Brussels Expo, Belgique

Art Brussels

Stand 5D55

À l’occasion d’Art Brussels, la galerie réunit cinq artistes – Sébastien J. Zanella, Franco Fontana, Miho Kajioka, Paul Cupido et Éloïse Labarbe-Lafon – autour d’un fil conducteur : le geste photographique. Plus qu’une simple technique, la photographie s’affirme ici comme un acte, un mouvement, une respiration – une manière d’habiter le monde et d’en révéler la présence. Chacun des artistes invités en déploie une interprétation singulière, qui entre en résonance avec les autres pour composer un espace sensible, fait d’échos, de silences et de correspondances. Sébastien J. Zanella incarne le geste dans sa forme la plus instinctive et radicale. Il photographie avec un appareil volontairement endommagé, laissant la lumière pénétrer et brûler la pellicule. L’accident devient écriture. Son appareil, compagnon de route et prolongement du regard, lui permet d’explorer la mémoire, l’errance et la trace. Dans ses images, l’humain et le paysage se confondent dans une lumière organique, traversée d’un grain presque charnel. La photographie devient alors expérience vécue. À leurs côtés, Miho Kajioka et Paul Cupido explorent l’espace de l’intervalle. Inspirés par la pensée japonaise, leurs œuvres interrogent l’impermanence et la fragilité des instants. Leurs images ne décrivent pas, elles suggèrent. Elles laissent place au vide et au silence – ce que l’esthétique japonaise nomme Ma : l’espace entre les choses, la respiration qui relie, l’absence qui révèle la présence. Chez Kajioka, les petits formats deviennent constellation, fragments d’un récit éclaté. Chez Cupido, la légèreté du papier japonais, la douceur des tirages et la suspension des formes créent une photographie qui tient du souffle et du rêve. Ici, le geste photographique se fait retenu, presque effacé. Éloïse Labarbe-Lafon introduit une dimension plus tactile et artisanale. Son geste photographique est aussi pictural : elle retouche à la main ses tirages en noir et blanc, les recolorisant à la peinture à l’huile. Ses images – fragments d’un rêve américain revisité – portent la trace de la main, du geste, du pigment. Ses œuvres deviennent des empreintes sensibles, rappelant que la photographie n’est pas seulement image mais aussi matière, mémoire et surface vivante. Enfin, Franco Fontana, pionnier de la photographie italienne, clôture le parcours avec une série de collages uniques réalisés dans les années 1990. Dans ces œuvres, il expérimente le transfert de Polaroid sur papier cartonné, enrichi de collages et de matières. Par ce geste, il brouille la frontière entre photographie, montage et composition. Réunis au sein du stand, ces cinq univers forment une traversée. Le visiteur passe de la fulgurance à la respiration, de l’énergie brute à l’effacement, de la lumière mouvante à la douceur du geste artisanal. Ce parcours met en lumière la richesse et la pluralité des pratiques photographiques contemporaines, et souligne combien la photographie, au-delà du document, peut devenir expérience, espace, et poésie.