A l’occasion du bicentenaire de l’invention de la photographie, la galerie Polka revisite la magie de ce procédé en compagnie de quatre photographes qui ont, chacun à leur manière, totalement repensé le médium. Trois signatures contemporaines : Miho Kajioka, Paul Cupido et Eloïse Labarbe-Lafon. Et un maître qui a bousculé les codes de la photographie moderne dès les années 50 : William Klein. La photographie devient à travers leurs objectifs et leurs mains une matière disponible pour d’autres usages (collages, peinture, réemploi).
La photographe japonaise, Miho Kajioka, récompensée du prix Nadar en 2019 pour son ouvrage « So it goes » (The(M) Edition), créé à partir de ses images, des petits objets irréguliers, intimes et délicats, à demi effacés par le dernier bain de thé dans lequel la photographe les plonge à l’étape du laboratoire.
Pour cette nouvelle édition d’Art Paris, l’artiste propose une série inédite mêlant couleurs et noir & blancs réalisée à Paris. Sur les murs, son travail résonne avec celui du photographe Paul Cupido, récompensé du prix du jury Hariban en 2017. Cet artiste néerlandais, qui dit être en constante recherche de l'éphémère, réalise ses tirages sur un papier Kozo japonais, donnant un rendu pictural à son écriture. Sur le stand, il propose pour la première fois un polyptyque de 9 tirages qui ,rassemblés, compose une seule et même image en édition unique.
En contre point, la jeune photographe française Eloïse Labarbe-Lafon, part à la recherche de la préciosité de l’image-objet au travers d’instants figés sur film argentique noir & blanc, ensuite colorés à la peinture à l’huile à l’aide de ses pinceaux ou de la pulpe de ses doigts.
A ses côtés, on retrouvera le maître de la photographie William Klein, qui fut aussi l’élève de Fernand Léger. En 1990, il est le premier à créer une passerelle entre la photographie et la peinture, cherchant constamment à repousser les limites de la photographie et à explorer de nouvelles façons de voir et de comprendre les images. Ses « contacts peints », agrandissement de planche contact rehaussés à la gouache ainsi que ses premiers tirages intitulés “Abstract” sont aujourd’hui devenus aujourd’hui des pièces incontournables de son œuvre.
« Ceci est une photographie » revisite, à travers ces différents travaux, le médium photographique en le transformant en un objet, modifiable, malléable et par conséquent, unique.