« J’ai voulu me rendre compte, aller voir par moi-même, qu’on est bel et bien dans ce monde-là. »Lire la suite
La nature n’est pas en reste. Elle est une autre victime de cette marche forcée vers la prospérité que le photographe raconte. A Flint (2015), cette ville des Etats-Unis autrefois réputée pour son économie florissante, la population souffre aujourd’hui d’un taux de criminalité qui bat des records dans un contexte de désindustrialisation chaotique. Entre 2011 et 2014, « le reporter sans journal », selon l’expression de Michel Poivert, sillonne également les paysages meurtris du Japon, de l’Afghanistan et de la Cisjordanie.
Depuis 1982, Philippe Chancel cherche à photographier la beauté du désastre. Il se rend là où survivent et s’épanouissent les idéologies qui détruisent le monde. Parmi ses voyages, entre fascination et répulsion : des endroits à part et secrets, impénétrables. Mais aussi ces coins « les plus pourris de la planète » où les hommes subissent le courroux de la nature, quand ce n’est pas l’inverse. « Quand l’homme commence à se détruire à travers son écosystème et son environnement, il faut tirer le signal d’alarme. »
L’exposition « Welcome to Paradise » pioche dans la mémoire visuelle de Philippe Chancel, à la recherche de quelques-uns des reportages les plus éloquents de ce documentariste qui s’est fixé comme « défi impossible » de diagnostiquer les maux de notre planète. Tous les maux.